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De FRANCE-DIGITALE
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Digital


(nom ou adjectif) : qui a trait ce qui utilise une logique binaire, c'est à dire traitant uniquement de "= unité ? oui/non" pour générer ou traiter du "numérique" (c'est à dire des nombres de moins l'infini à plus l'infini) pour une simulation discrétisée de l'analogique qui soit acceptable aux sens humains (apparence de "lissé").
Le bit en est l'unité (latin, binarius digitus) qui ne peut prendre que deux (latin, bis) valeurs. Celles-ci sont désignées le plus souvent par les chiffres 0 et 1. Un bit ou élément binaire peut représenter aussi bien une alternative logique (tiers exclu), exprimée par faux et vrai, qu'un chiffre du système binaire. Dans la théorie de l'information, un bit est la quantité minimale d'information transmise par un message, et constitue à ce titre l'unité de mesure de base de l'information en informatique. La quantité d'information effectivement transmise s'exprime en shannons, et ne peut dépasser la taille du message en bits, mais l'intellition inférée (ce qui fait sens à partir de l'information [ce qui augmente la connaissance] et de la connaissance) la dépasse en général.
Les systèmes digitaux traitent exclusivement des informations réduites en bits, en général associés dans des groupes de taille fixe appelés bytes (dans la pratique des "octets" de huit bits : 2^3).


L'origine et l'usage du mot est lié à deux sens de l'usages du doigt :
  • c'est la plus petite unité de mesure romaine. Il y avait douze unités de mesure : le doigt, l'once (ou pouce), la paume, le pied, la coudée, le (simple) pas, le double pas, la perche (ou decempeda), la longueur d’arpent, le stade, le mille et la lieue. Pour des mesures plus petites que le doigt, les Romains parlaient d’un demi-doigt, d’un tiers de doigt, d’un quart de doigt, etc. (Wikipedia). Techniquement : qui traite de la mesure unitaire informatique.
  • l'usage romain du "oui/non" figuré par le pouce levé ou baissé, toujours largement utilisé sur le web et en signalétique.
L'idée que cela vienne de compter sur ses doigts ou en touchant une tablette est erronnée. L'interêt de l'image du bout du doigt (comme dans les empreintes digitales) est que les marques laissées sont clairement discontinues. Ceci illustre très bien la nature du digital, tourné vers le discontinu, par rapport au numérique tourné vers un simulation du continu :
  • entre deux nombres (ou deux points) : il y a une infinité de nombres (ou de points).
  • entre deux digits (ou deux pixels) : il n'y a rien. ...et cela marche !
L'intégration de cette phénomènologie dans la pensée de notre siècle s'appelle la "renormalisation digitale". En mathématique une renormalisation est une méthode astucieuse pour évite un passage à l'infini. Ici l'infiniment petit. Ceci nous est bien utile comme métaphore de la notion de "vide" : un "zéro" où l'apport d'énergie fait apparaître le "un" d'une particule.


La première application mécanique digitalement programmable a été celle de Basile Bouchon qui a créé en 1725 la bande perforée à l'occasion de son invention du métier à tisser semi-automatique. En 1728, Jean-Baptiste Falcon le transforme en carte perforée. Joseph-Marie Jacquard étendra largement (1801), après les travaux de Veaucanson, le métier à tisser qui porte son nom et que complètera Jean-Antoine Breton. C'est le démarrage de la révolution industrielle et l'inspiration de Charles Babbage. En multipliant les fils lors du tissage Jacquard a utilisé la complexité à l'envers pour créer une simulation digitale de l'image à l'endroit : le pixel. Le point de Jaquard, l'élément visible d'une broderie.
NB. Il est intéressant de se souvenir que les premiers travaux de calculateur ont été analogiques et que le premier ordinateur évoqué dans l'histoire est celui d'Archimède. Ciceron nous en parle et nous en avons retrouvé un exemplaire : la Machine d'Anticythère.


Architectonique : le digital est de dialectique logique (notion du tiers exclu) jusqu'à l'apparition des réseaux de transmission de données. Norman Hardy développeur de Tymnet identifie la nature "agorique" (les échanges sur une agora) des processus en réseau (tiers non exclu). Ceci est étendu par la notion fractal' du paradigme imprédicatif du catenet (qui définit lui même ses propres éléments) de Louis Pouzin du "réseau des réseau". La datamasse nous montre un environnement (Univers, pensée) allant jusqu'à sa plus profonde nature digitale, dans laquelle l'intelligence des choses procède en réseau. Dans la datamasse (la digisphère), notre environnement ultime, l'atome de Démocrite est le digit que nous pouvons identifier au bit (digital) ou à un "byte" de taille variable : un groupe d'actets.
Louis Pouzin et Norman Hardy nous ont introduit à une vision diktyologique des choses (du grec, δίκτυο, réseau) qui procède de l'échange entre les nodes porté par datagrammes (réels dans le cas de Pouzin, virtuels dans le cas d'Hardy). Au niveau du numérique, la simulation digitale de l'analogique formant le contenu du datagramme sera passive, de bout en bout : exemple l'Internet. Il est toutefois possible de concevoir (JFC Morfin) une approche active, où le datagramme est traité comme un intelligramme, énoncé par le destinateur en fonction de l'intellition digitale attendue à la frange du destinataire. Nous sommes alors dans un processus intersémiotique de frange à frange, qu'il qualifie d'Intersem. Celui-ci se situe, comme l'internet ou le NDN, dans la strate du maillage protocolaire du catenet.